Une première en Belgique : Malines teste la barquette de champignons circulaire
Six grandes enseignes de la distribution, dont Lidl, s’unissent dans un projet pilote inédit : l’introduction d’une barquette de champignons standardisée et 100 % réutilisable. Une avancée majeure pour la réduction des déchets dans le secteur alimentaire.
Depuis la semaine du 20 avril, un projet pilote de six mois a débuté à Malines, impliquant six grandes chaînes de supermarchés proposant une barquette de champignons réutilisable uniforme. Les champignons de Paris (blancs) sont vendus exclusivement dans cette barquette standard dans tous les magasins participants. Cet essai s'inscrit dans le cadre du projet REPASYS, qui étudie comment introduire les emballages alimentaires réutilisables à grande échelle.
Outre Lidl, des partenaires du secteur tels que Comeos, Fost Plus et GS1 participent au projet. Cette large collaboration confère au projet pilote une valeur exceptionnelle.
Pourquoi ce projet pilote à Malines ?
Le projet REPASYS vise à cartographier l'innovation systémique nécessaire autour des emballages alimentaires réutilisables : comportement des consommateurs, processus logistiques, traçabilité numérique, modèles économiques circulaires et faisabilité pour tous les maillons de la chaîne. Les barquettes de champignons malinoises servent de cas d'école pour évaluer cette chaîne complexe en conditions réelles.
Le passage aux emballages réutilisables réduit la montagne de déchets et renforce l'économie circulaire.
« Un emballage alimentaire remplit toutefois plusieurs fonctions essentielles, à commencer par la protection de la qualité et de la sécurité du produit, du producteur au consommateur. Toutes ces fonctions doivent donc être reprises par une alternative réutilisable à l'emballage à usage unique », explique An Vermeulen de Pack4Food.
« Avec une approche circulaire, nous pouvons utiliser les matières premières plus intelligemment et réduire les déchets ainsi que les émissions. Dans ce projet, nous testons comment cela s'articule avec une logistique efficace et orientée client, car ce n'est qu'en collaborant entre entreprises et en impliquant les consommateurs que nous pourrons réellement avoir un impact », déclare Geert Verbelen de VIL.
Selon Comeos, la coopération est cruciale.
« Le réemploi ne fonctionne qu'à grande échelle, et l'échelle n'est atteinte que si tous les supermarchés fournissent le même effort. C'est ce qui rend ce projet unique : pour la première fois, tous les grands supermarchés belges font ensemble un pas durable vers les emballages réutilisables, non pas les uns à côté des autres, mais les uns avec les autres », souligne Henriane Gilliot de Comeos, la fédération du commerce et des services.
« C'est une étape importante pour les emballages réutilisables », confirme Valerie Bruyninckx, porte-parole de Fost Plus. « Car l'Europe veut limiter fortement les emballages à usage unique pour les fruits et légumes d'ici 2030. Le réemploi devient donc plus important que jamais, et notre pays veut être un pionnier en la matière. »
Comment cela fonctionne-t-il en pratique ?
Les consommateurs peuvent acheter des champignons dans la barquette réutilisable uniforme dans tous les supermarchés participants. Ils peuvent ensuite rapporter la barquette dans n'importe quel magasin participant à Malines. Les barquettes sont collectées, nettoyées et remises en circulation.
Le succès de ce test repose sur une logistique partagée et une technologie de pointe :
- L'interopérabilité : Le client achète ses champignons dans une enseigne et peut donc rapporter la barquette vide dans n'importe quel autre magasin participant à Malines.
- La traçabilité QR Code (GS1) : Chaque barquette possède une identité numérique permettant de suivre son cycle de vie, d'assurer une hygiène irréprochable après nettoyage et de garantir le remboursement automatique de la consigne.
- L'économie circulaire : En remplaçant le plastique à usage unique, le projet anticipe les normes européennes de 2030 visant à limiter drastiquement les emballages jetables pour les fruits et légumes.
« Le traçage numérique offre aux emballages réutilisables un cycle de vie fiable et transparent, assorti de nombreuses informations précieuses. Si nous basons cela sur des standards ouverts, un écosystème connecté parlant le même langage voit le jour, nous permettant de travailler ensemble vers une mise en œuvre efficace et évolutive. Nous ouvrons ainsi la porte à un avenir circulaire », explique Karen Arkesteyn de GS1 Belgilux.
À propos de REPASYS
REPASYS est un projet de collaboration entre les pôles de compétitivité Flanders’ FOOD et VIL, soutenu par le VLAIO (Agence flamande pour l'Innovation et l'Entrepreneuriat), et réalisé en collaboration avec leur partenaire stratégique Pack4Food et leur partenaire académique, l'Université d'Anvers (REuseLab).
« Flanders’ FOOD se réjouit du soutien de VLAIO à ce projet. Il montre à quoi ressemble l'innovation de demain : non seulement des progrès technologiques, mais aussi un renouveau dans les systèmes, les modèles économiques et les comportements. Avec REPASYS, nous pouvons pour la première fois réellement mettre en œuvre une innovation systémique à cette échelle, du producteur au consommateur et inversement. » – Inge Arents (Flanders’ FOOD).
Walériane Dubois-Decroix



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